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                                                                                                                        Qui était Albert Marcel MARTEAU


Il est né le 23 septembre 1915 à MONTFORT L’AMAURY (Seine et Oise). Il est le fils d’Albert MARTEAU,

maçon et de Victorine BEASSE, porteuse de pain.

Il est issu d’une fratrie de cinq frères et sœurs :

     • Madeleine Albertine, née le 07 juillet 1911 à Montfort l’Amaury

     • René Albert, né le 14 juin 1914 à Montfort l’Amaury

     • Louis Jean, né le 21 octobre 1917 à Montfort l’Amaury

     • Roger Lucien, né le 19 mars 1920 à Montfort l’Amaury

Il exerce la profession de maçon et réside au 37 rue de sancé à Montfort l’Amaury.


Albert Marcel MARTEAU est affecté le 20 octobre 1936 au 510e régiment de chars de combat à Nancy.

Il arrive au corps, quartier Donop, ce même jour, il est inscrit au répertoire des matricules sous le numéro 3171


Le 23 mars 1939, conformément au décret-loi du 20 mars 1939 il est rappelé sous les drapeaux et est incorporé dans le même bataillon le 510e R.C.C. à Nancy. Ce régiment est dissous en septembre 1939 comme indiqué ci avant dans l’historique.

Il passe au 22e bataillon de chars de combat, 3e compagnie sous le numéro matricule 504

en qualité de mécanicien conducteur de char de combat.

Cette unité est rattachée à la 7ème Armée commandée par le général Giraud.

Le 22e B.C.C. combattra aux côtés d’une autre unité rattachée à la 7e Armée, le 9e B.C.C.

  

Le 23 mai 1940, après avoir participé à la défense de Béthune, le reste du bataillon se replie vers Hazebrouk.

Un de ses éléments fait mouvement avec un convoi par la RN 43 avec le 9e BCC. Près de Saint-Hilaire-Cottes

une première escarmouche met aux prises un Kampfgruppe de Waffen SS et les derniers éléments de la colonne blindée.

Quelques kilomètres plus loin pénétrant dans Aires sur Lys les chars sont piégés en pleine ville où après un intense combat de rue de nombreux R 35 sont détruits.

Cette lettre sera sa dernière.

Le 9 juin 1940 en milieu d’après midi, alors que les chasseurs s’apprêtent à quitter Evreux en train, 40 avions allemands, des messerschmitt 109, effectueront un bombardement massif de la ville en quatre raids jusqu’à la nuit. Les chasseurs n’ont pas d’autres choix que de quitter le train et de rejoindre le cantonnement à Aviron, non sans dégâts importants. Il y a plusieurs chasseurs disparus. Les avions délivreront une pluie de bombes incendiaires.

Ce bombardement causera 560 morts.

Près de 60 Soldats français seront tués. 463 habitations seront détruites et 476 sont rendues inhabitables.


Depuis sa lettre du 5 juin, Albert Marcel, ne donne plus de signe de vie. Sa maman Victorine, n’a de cesse de demander des informations aux autorités. Un premier temps annoncé comme blessé ou prisonnier, il sera finalement découvert près d’un an après dans une fosse commune, une tranchée, place de la gare à Evreux.


Sa dépouille est relevée le 6 mai 1941 pour rejoindre le cimetière d’Evreux, au carré du souvenir francais, tombe 117. Il est découvert dans ses effets, sa plaque d'identité militaire,un bracelet montre, un porte monnaie d'officier contenant 39fr60 et quelques pièces belges, un billet de 5 francs, un couteau


Son corps sera rapatrié et inhumé à Montfort l’Amaury le 10 août 1948.

Sa tombe est particulière, elle est surmontée d’un char FT et d’un casque de chasseur de char de combat.

Cette sépulture de par sa particularité fait l’objet de plusieurs publications sur internet



  

La 3e compagnie du 22e B.C.C. est détruite le 24 mai dans les combats à Robecq et Calonnes.

Le sergent chef Gerner de la 3e compagnie, 4e section évoque le courage de ses hommes, Albert est nommé :


 








Le 28 mai 1940, avant le départ de l’unité pour Malo-les-Bains pour un éventuel embarquement pour l’Angleterre, les chars restant sont sabotés.

Les débris du bataillon embarquent pour l’Angleterre le 1er juin, débarquent à Ramsgate puis sont transportés au port de Plymouth à 460 km pour rejoindre la France. Le dimanche 2 juin, les chasseurs embarquent à bord du Princess Beatrix.


Les côtes françaises apparaissent vers 10h, le 03 juin. Arrivés en rade de Brest les chasseurs prennent le train et après un périple de 28 heures, ils arrivent à Evreux le 05 juin 1940 au matin. Ils prendront cantonnement dans une ferme à Aviron à environ 3 km.


Un courrier d’Albert Marcel en date du 05 juin 1940 adressé à ses parents et à son frangin, nous confirme qu’il est bien avec les rescapés : « je vous direz que je suis à Evreux depuis ce matin. Je ne crois pasque l’on va rester longtemps parceque on doit retourner au depot pour reformer le bataillon parcequ’il ne reste plus grand-chose, on est plus que 16 hommes de 3e compagnie, les autres ont été tués ou prisonniers et les deux autres compagnies c’est a peut près pareil. Enfin du moment que je suis encore vivant, c’est le principal mais pas les malheureux copains qui sont restés la bas. Albert qui pense a vous et qui vous embrasse tous de loin.

Bien le bonjour pour moi à Madeleine et Grégoire ». 

Magazine Guerre Blindés,Matériel n°109 page 83

Publication de juillet 2014

Thierry Vienet

Président association Histoire et Passions – 5e R.I.